Présentation
Le programme de recherche MALADI (Maladies AnimaLes en Archéologie : Diagnostic et Impacts), chaire SHS de la région Île-de-France, touchera à sa fin à l’automne 2026. Dans ce cadre, nous organisons les 9 et 10 septembre 2026 à Paris des journées de clôture portant sur les maladies animales dans le passé, leur histoire, leur évolution et leurs impacts. Ces journées d’étude se veulent résolument interdisciplinaires, et des communications issues de tous les champs d’étude sont invitées (histoire, archéologie, philologie, sciences vétérinaires, biologie moléculaire, …) sans restriction géographique ou chronologique, afin d’encourager le dialogue autour de cet objet d’étude encore sous-documenté.
Argumentaire
Les animaux ont toujours partagé l'espace des sociétés humaines — comme producteurs de ressources alimentaires et matérielles, forces de travail, compagnons, commensaux et nuisibles — et leurs maladies ont façonné en retour ces mêmes sociétés de manière souvent décisive. Pourtant, l'animal malade reste une figure mal connue de l'histoire : les sources qui le concernent sont dispersées, hétérogènes, et leur interprétation requiert des compétences que peu de disciplines mobilisent seules. Ce colloque entend combler ce manque en réunissant des chercheurs et chercheuses dont les travaux éclairent, depuis des angles complémentaires, la longue histoire des épizooties et des pathologies animales.
Trois grands axes de questionnement structureront les échanges.
- La première porte sur les savoirs et les représentations : comment les sociétés du passé ont-elles nommé, décrit et interprété les maladies animales ? Quels cadres explicatifs ont-elles mobilisés, et comment ces cadres ont-ils évolué au fil du temps ?
- La deuxième ligne interroge les pratiques de soin et de gestion : quels traitements, prophylaxies ou mesures d’éradication ont été mis en œuvre ? Comment les acteurs concernés ont-ils arbitré entre impératifs économiques, sanitaires et symboliques ?
- La troisième ligne s'attache aux dynamiques biologiques et épidémiologiques : quels pathogènes peut-on identifier dans les sources écrites ou dans les vestiges biologiques, à quelle période et dans quels espaces ? Comment leur présence, leur virulence et leur diffusion ont-elles évolué sur la longue durée, sous l'effet des transformations des pratiques d'élevage, des échanges commerciaux ou des variations climatiques ?
Ces questionnements se prolongent naturellement vers les impacts des maladies animales sur les sociétés humaines. Au-delà des zoonoses — dont l'actualité récente a rappelé l'importance —, les épizooties ont entraîné des crises alimentaires, des reconfigurations économiques, des tensions sociales et des réponses institutionnelles dont l'histoire comparée reste à écrire. Elles ont également contribué à forger des frontières symboliques entre l'humain et l'animal, entre le sain et le souillé.
Les contributions pourront s'appuyer sur des sources de nature variée : données archéozoologiques et paléogénomiques, traités agronomiques et zootechniques, iconographie, archives administratives et vétérinaires, ou encore témoignages littéraires et judiciaires. Toutes les périodes historiques et toutes les aires géographiques sont bienvenues, de même que les approches comparatives, diachroniques, et les études de cas locaux ou régionaux. Une attention particulière sera portée aux communications qui mettent en dialogue plusieurs disciplines ou plusieurs types de sources.
Modalités de soumission
Nous invitons les propositions de communications pour le 15 mai 2026. Celles-ci devront inclure un titre et un résumé de 250 mots maximum rédigé en français ou en anglais, et seront déposées sur la page dédiée :
https://maladi.sciencesconf.org/submission/submit
Les communications auront une durée de 20 minutes. Elles pourront être données en français ou en anglais, mais les communications en français devront fournir un support visuel (diaporama) en anglais.